Notre subconscient invente-t-il vraiment de nouveaux visages ?
On lit souvent que les visages qui surgissent dans nos rêves seraient toujours issus de personnes déjà vues (en vrai ou à l’écran). Je n’ai jamais trouvé d’étude fiable confirmant ou invalidant cette idée, mais plusieurs éléments permettent d’en limiter la portée.
Perception sensorielle : une reconnaissance par formes globales
Notre cerveau identifie très vite un individu familier sans analyser chaque détail. Quelques correspondances grossières suffisent. C’est le même principe pour la lecture : on reconnaît un mot par sa forme générale, même si certaines lettres sont permutées.
Parallèle avec l’IA : extraction de “composantes principales” (formes fortes)
Les algorithmes de vision artificielle (ex : réseaux de neurones convolutifs) utilisent un système de filtre/fenêtrage pour extraire les éléments saillants (courbes, angles, contrastes) avant de les combiner en motifs complexes et abstraits. Les modèles de langage (LLM) fonctionnent de manière similaire en compressant l’information dans des bases vectorielles (“embeddings”).
Lorsqu’elles sont utilisées à des fins génératives, les IA repartent de ces “compressions” sémantiques ou visuelles pour créer des images ou des textes complets et crédibles. Cette logique rappelle la manière dont nous combinons des fragments perceptifs pour former des représentations mentales.
Visages oniriques : des assemblages plutôt que des copies ?
Dans les rêves, un visage “étranger” peut aussi être vu comme une recomposition de “formes fortes” issues de têtes plus ou moins connues (plus ou moins réalistes d’ailleurs). Parfois, l’association évoque une personne précise par un jeu de similarités fortuites, parfois non. Il peut exister des correspondances multiples, floues ou hybrides.
Mémoire : un encodage fragile et une reconstruction involontaire et permanente
L’encodage d’un souvenir dépend fortement du contexte et des émotions. Et le rappeler en mémoire l’altère légèrement. Les rêves participent aussi à cette réécriture mémorielle. Au fil des années, il finit par n’être qu’une version déformée de l’événement initial. Et pourtant, il continue de s’ancrer dans nos croyances et d’incarner, à nos yeux, un fragment de notre passé… et de notre identité.
Dans ces conditions, vérifier si un visage onirique correspond réellement à quelqu’un déjà rencontré devient quasi indémontrable.
Une question finalement insoluble
La combinaison de perceptions approximatives et d’une mémoire malléable rend la question “créons-nous des visages inconnus dans nos rêves ?” trop subjective pour être tranchée. En revanche, cela montre la surprenante capacité de l’esprit à mélanger, déformer et reconstruire nos repères identitaires.
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Cet article est un résumé. L’article complet est disponible sur le blog de Malgovert dont j’assure le projet éditorial : Le subconscient sait-il créer de nouveaux visages ?
